lundi 28 juin 2010

Les négociations pour l'accord du Lac Meech (1990)

Note: les prochaines semaines vont encore donner lieu à des mises à jour un peu décalées. La situation devrait revenir à la normale le 6 juillet 2010, donc avec une mise à jour chaque mardi et ce, pour le reste de l'été. Merci de votre compréhension et je vous souhaite à tous une belle saison estivale et de belles découvertes en histoire!

Il y a 20 ans cette semaine, le 23 juin 1990, le délai pour la signature des accords du Lac Meech expirait empêchant encore une fois le Québec de signer la constitution canadienne. Voici un bref rappel de ces événements. Les origines de ces accords remontent aux années 1970. Avec, à l'avant-plan, la montée de la mouvance nationaliste québécoise, mais également d'autres pressions quant au partage des pouvoirs dans plusieurs autres provinces (le Manitoba et Terre-Neuve pour ne nommer que celles-là). Avec les tractations de Pierre Elliot Trudeau, alors Premier ministre du Canada, pour tenter de faire du Canada un pays plutôt inclusif, et celles de René Lévesque, chef du parti Québécois puis premier ministre du Québec (1976), qui cherchait à donner plus d'indépendance à la province, on fait face à deux mouvements distincts et le fédéral décide d'agir. 

http://www.civilization.ca/cmc/exhibitions/hist/biography/images/trudeau-chro-queenb.jpg
Source: Site Internet du Musée canadien des civilisations (auteur à trouver via le site Internet), consultation en ligne via Straight.com, consultation en ligne, 26 juin 2010.

C'est ainsi qu'au début des années 1980, lors de la deuxième présence de Trudeau au gouvernement canadien, que des accords sont lancés pour tenter une fois pour toute de rapatrier la constitution canadienne et ainsi inclure les 10 provinces dans le giron d'un vrai pays indépendant. Les négociations seront ardues et on finira par s'entendre en novembre 1981, sans le consentement final du Québec, dans ce qui est encore aujourd'hui présenté comme la «nuit des longs couteaux».


Source: Robert Bourassa et Brian Mulroney s'entendent sur l'accord du Lac Meech, Radio-Canada, consultation en ligne, 26 juin 2010.

Vient ensuite le gouvernement fédéral de Brian Mulroney (progressiste-conservateur, élu en 1984) et le gouvernement provincial de Robert Bourassa (libéral, élu en 1985). Lors de leurs élections, les deux politiciens ont parlé d'inclure une fois pour toute le Québec dans la constitution. Et donc ils en viendront, après d'âpres discussions, à un accord, conclut le 30 avril 1987 et signé au lac Meech, près de Chelsea (Outaouais, Québec).

Cliquer pour notice complète
Source: Clyde Wells, politicien, auteur inconnu, consultation en ligne, 26 juin 2010.

Cet accord prévoyait cinq modifications à la constitution de 1982: la reconnaissance du Québec comme société distincte et de l'existence des faits français et anglais; que le Québec et les autres provinces disposent d'un veto face aux amendements importants à la Constitution; que le droit de retrait d'une province, avec compensation, de tout programme du fédéral dans un domaine de compétence provinciale; une reconnaissance accrue des pouvoirs provinciaux en immigration; que les trois juges québécois de la cour suprême du Canada soient nommés par le fédéral sur proposition du gouvernement du Québec. Les provinces et le fédéral auront 3 ans pour ratifier l'accord. Le député manitobain Elijah Harper réussira à bloquer la signature par son parlement parce que l'accord ne contient pas assez d'éléments pour les Amérindiens. Le premier ministre terre-neuvien Clyde Wells reniera ainsi la propre signature de sa province.

 width=
Source: Le député autochtone de la circonscription de la Terre de Rupert, Elijah Harper, bloque l'adoption par l'Assemblée législative du Manitoba, de l'accord du Lac Meech, Reuters, site Internet de l'Encyclopédie canadienne, consultation en ligne, 26 juin 2010.

En relation avec toute cette affaire, le 22 juin 1990, Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec, prononçait devant l'Assemblée nationale du Québec un discours qui allait demeurer, encore aujourd'hui, l'un des cris du coeur nationalistes les plus éloquents des dernières années. (Cet extrait est disponible dans un reportage disponible sur les archives de Radio-Canada en cliquant ici)
Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement.
Ce sont toutes ces tergiversations qui mèneront au tentatif accord de Charlottetown (qui sera rejeté par référendum) puis encore au deuxième référendum sur la souveraineté en 1995 et à la création du Bloc Québécois.

samedi 26 juin 2010

Mise à jour en retard... encore?

Ma connexion Internet ayant décidé de prendre un long congé cette semaine (elle a pris les vacances que je ne prends pas!), je n'ai pas pu compléter mes recherches et faire ma mise à jour comme prévu. Un texte est cependant en chantier et sera mis en ligne plus tard aujourd'hui (le samedi 26 juin 2010). Une autre mise à jour est toujours prévue pour la semaine prochaine, probablement lundi ou mardi. Retour à la normale à la mi-juillet.

Entre temps, consultez les archives du blogue dans le menu de droite ou encore faites une recherche dans tous les textes du blogue par la petite boîte de recherche prévue à cet effet.

Bonne lecture!

mardi 15 juin 2010

L'incendie des BPC de Saint-Basile-le-Grand, août 1988

Ces jours-ci, les États-Unis d'Amérique sont aux prises avec une des catastrophes naturelles les plus grave de l'histoire avec l'immense marée noire causée par une fuite d'une plateforme de forage de la compagnie British Petroleum.  À ce sujet, je vous invite à consulter le dossier du site de la chaîne américaine CNN, en cliquant ici (on en parle aussi largement dans nos médias au Québec). Rien ne me semble comparable au Québec, mais ça ne veut pas dire que le Québec s'en tire avec une note parfaite quand vient le temps de penser à notre gestion des matières à risque.

http://www.treehugger.com/burning-oil-rig-explosion-fire-photo12.jpg
Source: Image de la US Coast Guard, tiré du site treehugger.com, consultation en ligne, 15 juin 2010.

Il n'y a pas si longtemps, Le site Internet du quotidien Le Soleil parmi d'autres nous apprenait (lundi 3 mai 2010) que le quartier Limoilou avait été le théâtre d'une fuite de gaz toxique, le styrène. Bien que la ville ne soit par étrangère aux fuites de gaz par les temps qui courent (faut-il se rappeler la fuite de benzène dans Saint-Sauveur en 2009), ce genre d'incident, à Québec et au Québec, heureusement assez rare, n'est malheureusement pas une nouveauté. Nous n'avons pas à aller bien loin dans le passé pour nous rappeler un des épisodes les moins glorieux de l'histoire du Québec en matière de gaz toxique, l'incendie des biphényles polychlorés (ou encore polychlorobiphényles), mieux connu sous l'acronyme BPC, de Saint-Basile-le-Grand.

20_000_gallons_de_BPC_ont_flambe_a_l_entrepot_de_SaintBasileleGrand_et_l_epaisse_fumee_noire_n_a_pas_tarde_a_envahir_le_secteur_du_Domaine_des_HautsBois_a_SainteJulie
Source: Photographie montrant l'épaisse colonne de fumée d'échappant de l'entrepôt en feu, Consultation en ligne, 15 juin 2010.

23 août 1988. 20h40. Au moins trois explosions sont entendues près de l'entrepôt municipal de Saint-Basile-le-Grand (rive-sud de Montréal). Cet entrepôt est utilisé par l'entrepreneur Marc Levy qui y entreposait des BPC. Concrètement, les BPC font référence à plus de 200 substances différentes qui prennent toutes la forme de liquide assez stable et transparent. Ce serait Alain Chapleau, alors employé municipal de St-Baile-le-Grand, un homme qui a été accusé, puis acquitté (et qui aurait, 14 ans après le fait, avoué ses actes) qui aurait mis le feu à l'entrepôt. Le brasier est intense. Les dégâts seront majeurs. Mais les dégâts finiront par être contenus. On confirmera que les cours d'eau touchés pourront être presque entièrement dépollués, les BPC pourront être déplacés, les habitants pourront entrés chez eux vers le 9 septembre 1988.

La contamination sera immense. Bien qu'une firme spécialisée ait pu récupérer presque toutes les eaux usées sur place, c'est plus de 3000 foyers de St-Basile-le-Grand et des villes avoisinantes (St-Bruno, Ste-Julie) qui ont dû être évacués, certains pour trois semaines. Les dégâts ont coûté plusieurs dizaines de millions de dollars et les BPC seront finalement presque tous éliminés de St-Basile 10 ans plus tard alors qu'ils ont pu être transportés de façon sécuritaire vers l'incinérateur de Swan Hill en Alberta ou dans un centre d'enfouissement du Québec, celui de Grandes-Piles en Mauricie. Les terrains sur lesquels se trouvaient l'entrepôt constituent aujourd'hui un espace vert qui ne permet pas de rappeler ce qui s'y est passé.

Documents d'intérêts
Alerte sur Saint-Basile-le-Grand. (reportage télé). Les Archives de Radio-Canada. Société Radio-Canada. Dernière mise à jour : 14 août 2008. Page consultée le 3 mai 2010.

mardi 8 juin 2010

Bibliographie commentée: Histoire de la ville de Québec (1)

Cette semaine, je veux vous présenter quelques ouvrages généraux sur l'histoire de la ville de Québec. Québec est une ville qui me passionne, une ville dans laquelle j'ai étudié et où je travaille actuellement (comme historien et guide) alors, de présenter quelques livres qui parlent de son histoire est une suite logique pour moi. C'est, encore une fois, le premier volet d'une série. N'hésitez pas à ajouter vos propres recommandations en commentant cet article. Un livre d'histoire politique, un livre d'histoire sociale, un livre d'histoire militaire et un livre sur le patrimoine du Vieux-Québec. Est-ce qu'on a besoin de plus? ;)

http://www.apf.francophonie.org/IMG/jpg/400_couvert.jpg
BLAIS, Christian, Gilles GALICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec, quatre siècles d'une capitale. Québec, Les publications du Québec, 2008. 712 pages.
C'est ici le rôle très politique de Québec comme capitale coloniale française, puis britannique et finalement comme berceau du parlementarisme canadien et siège de la classe politique québécoise qui est présenté dans ce livre. Agrémenter de nombreux documents visuels (cartes et photographies), ce livre rappelle non seulement l'histoire de toute la classe politique du Québec et surtout de Québec, mais aussi de la colline parlementaire et des différents lieux de pouvoir à Québec. L'ouvrage marque clairement l'évolution de Québec d'une capitale coloniale à une capitale nationale. Le survol de l'histoire est intéressant et on ne se perd pas à travers des aspects techniques incompréhensibles du système politique en place selon les époques.

http://www.capitale.gouv.qc.ca/medias/publication/couverture/22_Vieux-Quebec.jpg
PROVENCHER, Jean. L'histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine.  Québec, Les publications du Québec, 2007. 280 pages.
Un petit livre sympathique pour commencer. Provencher est un des historiens de la ville de Québec qui a une des plumes les plus intéressantes quand vient le temps de produire un livre pertinent pour le grand public. Son histoire du Vieux-Québec se lit facilement: celui qui connaît la ville se replace facilement à travers les images et les plans du livre alors que le néophyte peut consulter le livre pour se planifier une visite sur mesure du quartier historique de la Vieille Capitale (tiens, où est passé Clotaire avec tout ça??). Idéal pour penser ses visites à Québec.

http://www.pulaval.com/img/livres/btlf/L97828922435291.jpg
VALLIÈRES, Marc, Yvon DESLOGES, Fernand HARVEY, et al. Histoire de Québec et de sa région (3 tomes). Québec, Presses de l'Université Laval, 2008. 2523 pages.
Ouvrage monumental sur l'histoire sociale de la grande région de Québec, de la fondation de la ville jusqu'à aujourd'hui. Cet ouvrage couvre de nombreux aspects de l'évolution de la population à travers les conditions de vie, la santé, les loisirs, la culture et le développement urbain. Les statistiques sont nombreuses. Petit bémol: ce n'est peut-être pas le livre le plus simple d'approche. Sa découpe thématique et centrée sur l'histoire sociale font que sa chronologie n'est pas la plus simple pour le néophyte et que certains aspects qui peuvent sembler important pour certains se retrouvent traiter de plusieurs façons à travers d'autres thématiques (par exemple, le livre ne comporte pas de chapitre sur la guerre de la Conquête ou même le siège de Québec, ces événements étant traité à travers d'autres thèmes). Tout de même passionnant, surtout sur l'histoire récente.

http://media.voir.ca/pictures/44/44098_5.jpg
Serge BERNIER et al. Québec, ville militaire, 1608-2008. Montréal, Art Global, 2008.
Capitale coloniale. Grande ville d'immigration. Centre de commerce colonial. Québec a été au centre des activités des possessions françaises pendant 150 ans puis une pièce importante de l'empire britannique en Amérique pendant une autre centaine d'année. Il était donc certain que ce centre économique et administratif suscite les convoitises et surtout les attaques. Ce livre simple et richement illustré peut servir de porte d'entrée à tous les aspects de la vie militaire à Québec. Fortifications, défenses, attaques, garnisons. Tout y passe. L'équipe au centre de cette rédaction est bien outillée sur ce domaine et l'ouvrage est intéressant du début à la fin.

En plus de tout ceci, j'attends avec impatience le livre de Gérard Filteau (avec Hélène Quimper ou Denis Vaugeois selon les sources), Québec ville cible (1629-1775) qui devrait paraître cette année. Ce livre devrait parler de l'édification des différentes fortifications de Québec. À voir...

dimanche 6 juin 2010

Mise à jour ratée... mais pas deux fois!

Bonjour,

La mise à jour du blogue a finalement lieu mardi, jeudi, dimanche! Est-ce possible? Je n'y crois pas encore. J'ai manqué une semaine! On essaye que cela n'arrive plus. Plutôt que de faire un petit message sur l'histoire, je vais donc en profiter pour faire quelques annonces.

Donc, petites nouvelles:

- Lundi, vers 17h15, aura lieu ma seconde chronique sur les ondes de Sortir-FM, 106,9 à Québec et sur Internet, www.sortirfm.com. Après avoir parlé du docteur Joseph Morrin la semaine dernière, je vais parler des tours Martello cette semaine. Je vous annonce tout de suite qu'il y aura une chronique aussi le semaine prochaine, le 14 juin 2010. À ne pas manquer;

- C'est un peu à cause de la préparation de ces chroniques radiophoniques que l'horaire du blogue est changé. Difficile à suivre? Peut-être. C'est pourquoi vous pouvez vous abonner à notre compte twitter ou encore devenir un de nos amis sur facebook. Les liens sont aussi à droite, sur cette page;

- La prochaine mise à jour aura bel et bien lieu mardi. Le texte est présentement écrit. Ce sera une petite bibliographie commentée sur la ville de Québec;

- Je vous invite cordialement à aller visiter le tout nouveau site Internet des Services historiques Six-Associés, Inc. Je suis toujours consultant pour la compagnie qui offre toujours des services variés en consultation historique et des visites inusitées de la ville de Québec. À voir ici: www.sixassocies.com;

- Parlant de visite, j'ai eu la chance la fin de semaine dernière de faire la visite de la prison de Trois-Rivières. Franchement, j'espère que vous aurez tous la chance d'y aller. Pour ceux qui auraient eu la chance de voir la visite des Six-Associés sur la prison de Québec, on se rend compte que les façons de faire de 1898 à Québec sont les mêmes que celles de Trois-Rivières au XXe siècle. Troublant: www.enprison.com;

Je vous souhaite un bon début de semaine. Lundi, à la radio et mardi, sur le blogue.

mardi 1 juin 2010

Mise à jour de Histoire et Société... le jeudi?

Avez-vous écouter la première capsule historique que j'ai fait sur les ondes de SortirFM (106,9 FM, Québec)? La prochaine aura lieu lundi prochain, 7 juin 2010, vers 17h15. Ne manquez pas ça, en direct!

Pour les prochaines semaines, le blogue sera mis à jour les mardis jeudis soirs. Je sais, c'est un petit changement. Mais il sera tout de même mis à jour. Entre temps, je vous invite à écouter une entrevue que j'ai fait pour l'émission «Ça me dit de prendre le temps» à la radio de Radio-Canada à Québec (106,3 FM) avec Catherine Lachaussée.

C'est une entrevue où je parle brièvement de la piraterie pour faire la promotion d'une exposition à venir au Bassin Brown. C'est sous l'onglet «entrevue», le 29 mai 2010, en cliquant sur le lien suivant.

Note: l'entrevue ne semble pas en ligne actuellement (1er juin), bien qu'elle y était hier, 31 mai 2010. Elle devrait revenir sous peu... j'espère.

Bonne écoute. Et à jeudi!!